Le CEHRM suscite et accompagne des recherches sur l'histoire religieuse du Midi et en assure la diffusion : colloques, bulletins, revues. Il agit dans un esprit d'indépendance, ayant à coeur la recherche de la rigueur scientifique dans ses travaux.
"Monachisme et réformes dans la basse vallée du
Rhône (XIe-XIIIe s.)"
Si l'histoire contemporaine de l'abbaye Saint-Michel de Frigolet est désormais bien connue, de nombreuses zones d'ombre entourent encore l'histoire de la petite communauté de chanoines réguliers
qui s'y est installée dans les années 1130. Pourtant, le cloître et l'église Saint-Michel, témoins des constructions du XIIè siècle, sont les traces d'une vie communautaire
dynamique.
Il apparaît donc aujourd'hui utile de faire le point sur les connaissances documentaires et archéologiques qui
éclairent l'histoire de la première communauté de Frigolet.
Pour être comprise, celle-ci doit être replacée dans le vaste mouvement de réformes qui agite l'Eglise tout entière depuis le début
du XIè siècle, bien avant le pontificat de Grégoire VII, qui a servi à le désigner. Alors que les communautés monastiques jouent un rôle de premier plan dans ce mouvement, comme relais
de la politique pontificale, à l'image du puissant Ordre de Cluny, des formes orginales de vie régulière font leur apparition.
Saint-Ruf
d'Avignon
L'objectif de cette journée d'études est d'éclairer à l'aide des recherches récentes le rôle des ordres réguliers dans ce vaste courant réformateur, particulièrement vivace
dans la région d'Avignon entre le XIè et le XIIIè siècles. C'est par ce biais que l'histoire médiévale de l'abbaye de Frigolet pourra être mieux
comprise.
C'est ainsi que, dès le début du XIè siècle, des chanoines d'Avignon s'installent à Saint-Ruf pour suivre la règle de
saint Augustin, et donnent naissance à un ordre dynamique qui devient rapidement une pépinière de prélats réformateurs. A son imitation, plusieurs ordres de chanoines réguliers voient rapidement
le jour, preuve que ce mode de vie original, à la frontière entre le monde des clercs et celui des moines, répond à une préoccupation du moment. Un siècle plus tard, beaucoup plus au nord,
l'action de Norbert débouche sur la création de l'Ordre de Prémontré, qui rencontre très vite un grand succès en France. Dans le même temps, fleurissent des ordres nouveaux à la
recherche d'une vie religieuse exigeante : cisterciens, chartreux, ordres militaires revenus d'Orient... De manières différentes, tous expriment une volonté de rupture, de retour aux sources, qui
montre que la politique pontificale n'est pas alors le seul moteur du renouveau de la place de l'Eglise dans la société médiévale.
Les actes de cette journée seront publiés sous la forme d'un numéro spécial d'Etudes vauclusiennes, à la fin de l'année 2009.